Martin Picard: certifié Trust Agent

9 janvier 2010

J’ai parlé de ce livre plus tôt sur Facebook. Intitulé Trust Agent et écrit par Chris Brogan et Julien Smith, cet ouvrage à première vue destiné aux geeks du codage (ils essaient d’ailleurs, au travers de quelques passages, de se départir de cette perception), s’adresse à tout ceux et celles qui veulent devenir une icône de confiance par rapport à leurs publics cibles. Évidemment, le livre  est rédigé dans un contexte Web, c’est-à-dire qu’on y indique comment être un Trust Agent quand on fait des affaires sur le Net. Entres autres intéressants et judicieux conseils, Brogan et Smith indiquent par exemple qu’il faut être One of Us pour obtenir du succès dans ses affaires. En résumé non exhaustif, c’est de ressembler à ses publics. Aussi, le livre indique qu’il faut savoir mettre sur pied sa Own Game pour réussir sur le Net. Dernier exemple, les auteurs exigent l’innovation et de ne surtout pas demander la permission pour le faire, ils appellent ça le Hacking (pas le même sens qu’un hacker qui piquerait des données au Ministère du Revenu).

Vous comprendrez peut-être où je m’en vais, le lien avec le titre du billet ? Martin Picard est un hacker ! haha pas tout à fait.

MARTIN PICARD (en caps lock), l’homme qui ne fait absolument rien à moitié. En ce sens où je suis persuadé qu’il se lave les dents avec du foie gras et fait sa lessive au gras de phoque. Malgré lui (ou peut-être en est-il très conscient, j’en ai jamais discuté), ce restaurateur de Montréal est un marketer incroyable. Bien que le site Web de son Pied de Cochon (http://www.restaurantaupieddecochon.ca) soit bien défini et que les résultats donnés par Google sont impressionnants, le but du présent article n’est pas de souligner l’excellence de son identité numérique.

Dans la vie de tous les jours, l’inventeur de la poutine au foie gras est rien de moins qu’un de ces Trust Agent. D’une part pour avoir mis sur pied sa Own Game en redéfinissant complètement le concept anciennement fade et renfermé de l’émission de cuisine.

Pour les gens qui n’ont pas été initiés aux prouesses de Martin, jetez-y un coup d’oeil: http://www.radio-canada.ca/emissions/martin_sur_la_route.

En regardant un segment de l’émission, vous constaterez que Martin Picard n’a pas que simplement redéfini l’émission de cuisine; il l’a surtout fait en sautant par-dessus les règles non-écrites du gros bon sens. L’énoncé de mise en garde avant l’émission justifie entre autre l’approche de Picard.

Certes, à première vue, chasser puis découper un chevreuil à la scie sauteuse pour ensuite cuisiner sa cervelle dans le foie gras n’est pas le genre de pratique à laquelle José DiStasio ou Ricardo pourraient adhérer. En plus d’innover, Picard a démocratisé en quelque sorte le cycle de vie d’une bête destiné à la consommation. En fait, c’est ce que l’humain moyen carnivore ne voyait pas ou ce qu’il ne voulait pas voir.

Finalement, la production de cette émission représente la plus extraordinaire des stratégies de marketing pour faire lever les affaires du Pied de Cochon. En plus d’être probablement payé pour être dans la lucarne, le chef-propriétaire Martin Picard aurait eu à débourser des centaines de millier de dollars dans les coffres d’une agence de publicité pour espérer mettre en place le même type de levier.

Résultat: on connaît le Pied Cochon et sa poutine au foie gras aux quatre coins de la planète. Tout le monde en parle sans même y avoir mis les pieds,

j’suis un de ceux-là !

HF

  1. janvier 16, 2010

    En effet, Martin Picard tient du génie. Mais son génie n’est pas marketing. C’est un génie culinaire, tout simplement. Ce qui fait que Picard est si populaire? De un, son produit est bon, les gens aiment ses recettes et son resto est pour le moins accueillant. De deux, il est innovateur, Martin sort de l’ordinaire, il ose essayer de nouvelles chose et sa cuisine se démarque de ce que l’on retrouve ailleurs. Il n’invente pas que de nouvelles recettes, il a plutôt popularisé un autre type de cuisine, celle des chasseurs, additionnée d’un peu de haut de gamme pour plaire à sa clientèle du plateau. Même chose pour ses livres, innovateurs et de bon goût.

    Mais ce qui attire tant l’intérêt chez lui, c’est son authenticité. Il n’a pas créé un nouveau produit pour ouvrir le lucratif resto qu’est devenu le pied de cochon. Il a décidé de partager la cuisine qu’il aimait avec les autres. Il a voulu faire goûter à ses client ses aliments qui le passionne. Et cela, sa clientèle le ressent et elle l’apprécie. C’est cette authenticité, trop souvent absente qui fait le succès du chef du plateau.

    Je m’excuse tout de suite aux gurus du marketing qui seraient tenté de répliquer la chose, l’authenticité, ça ne se crée pas, sa se partage, comme le fait Martin qui, chaque soir, prend le temps de saluer et de jaser avec ses clients. Les gens apprécient, ils reviennent et Martin se fait un plaisir de leur montrer ses dernières créations, comme un enfant, heureux de vous montrer son dernier dessin.

    Donc, génie du marketing? Honnètement, non! Un passionné, tout simplement!

  2. janvier 17, 2010

    Merci de participer Max !

    En accord avec ton commentaire !

    Un homme passionné et authentique certes, mais un homme passionné et authentique muni d’un très bon sens des affaires !

    Hugo

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