Apple iPad : révolution seulement dans la tête de Steve Jobs ?

2 février 2010

Les expressions « erreur de mise en marché » et « Steve Jobs » dans la même organisation syntaxique ? Certains diront que c’est impossible.

D’autres, comme moi, diront qu’il n’a pas visé juste cette fois-ci. Ceci dit je questionne l’utilité même du iPad de Apple.

En fait, Steve Jobs a tendance à y aller avec son instinct. Est-ce mal de suivre son « feeling » ? La réponse des plus rationnels d’entres nous est sans aucun doute affirmative. Toutefois, ce n’est pas toujours une mauvaise chose. Les révolutions signées Apple et Steve Jobs inspirent même les professeurs à l’université.

Mais cette fois, je crains que Steve soit allez trop vite dans l’épaississement de son portefeuille de marques.

D’autre part, Steve Jobs n’aurait-il pas commis par le fait même l’erreur de trop vouloir profiter de la force d’une marque ? En résumé, j’estime qu’Apple égarera son consommateur moyen dans cette marée de « i ».

Selon moi, le gourou d’Apple vient d’affaiblir son image de marque. La lignée des « i » devait connaître une fin. Son retrait aurait sans doute dû se faire suite au lancement d’un produit vedette plus attendu et plus « punché » (iPhone). L’iPhone représente et représentait pour moi une révolution technologique majeure changeant les habitudes et influençant ainsi fortement la consommation et l’augmentation des budgets liés à ce genre de biens (transfert de data, courriel sur téléphone mobile, applications, trafic de SMS, etc).

L’iPad représente-t-il une évolution technologique majeure ? Je ne crois pas. Tel que présenté par Steve Jobs lui-même, L’iPad est un compromis entre l’iPhone et l’ordinateur. Pourquoi utiliser l’iPad à la maison alors que j’ai un portable plus performant et plus confortable d’usage à portée de la main. Je crois même que l’iPad entamera une cannibalisation en affectant la popularité et les ventes futures de l’iPhone.

Le propriétaire d’un iPhone voit-il vraiment l’utilité de posséder un iPad également alors qu’il peut s’offrir pratiquement les mêmes avantages, mais à moins grande échelle ? Je ne crois pas. Le propriétaire d’un iPad voit-il vraiment l’utilité de posséder un iPhone qui lui fournit les mêmes avantages à plus petite échelle ? Une fois de plus, je ne crois pas.

Il ne faut pas passer sous silence le fait que plusieurs consommateurs de produits Apple seront simplement et à tout jamais fidèles à la pomme native de Silicon Valley. Toutefois, la différenciation produit est trop mince : je perçois une confusion de consommation entre l’iPhone, l’iPad et l’ordinateur portable. Ce qui remet en doute l’utilité de l’iPad.

Révolution ?

Pas cette fois-ci.

Néanmoins, il y aura une vague d’achat par les « Early Adopters », mais comme témoignent les premières réactions boursières, les investisseurs et les consommateurs risquent de rester sur leur appétit devant ce produit qui est, ma foi, confus de sa propre personne.

JPM

  1. Rafael permalink
    février 4, 2010

    Je sais que c’est un « long shot » pour quelques analystes.. mais, lire cette article de Wired : http://www.wired.com/gadgetlab/2010/02/ipad-future/

    L´iPad est un PC pour tout-le-monde. Pas seulment pour les jeunes.. c´est pour les grand-parents et les enfents aussi..

    J´ai un iphone, un laptop et je veux acheter un ipad aussi.. sont pour choses trés diferents.

    (sorry for the my weak french)
    Rafael

  2. février 4, 2010

    Bonjour Rafael,

    D’abord merci de participer à notre blogue !

    Pour ce qui est du iPad, je pense de mon côté que certes les attributs du produit peuvent paraître intéressants. Toutefois c’est la niche du iPad qui me semble floue, moins claire. Je pense que pour un consommateur moyen (et non un Apple lover), le bénéfice produit de l’appareil est moins tangible que pour le iPhone ou le iPod.

    Merci encore !

    Hugo Fournier

  3. février 23, 2010

    Je dois avouer que je suis en désaccord total avec votre analyse de l’IPad. Le IPad n’a rien avoir avec le iPhone, car il ne possède pas de micro et, car il ne possède pas de webcam, ce qui rend l’utilisation de Skype plutôt plate. De plus, le IPad n’a rien avoir avec les MacBooks puisqu’il utilise l’OS du iPhone, ce qui rend impossible l’utilisation de deux applications simulnatément. Le clavier tactile ne permet pas une utilisation au même type qu’un netbook.

    Non, l’IPad est un mash-up de e-reader et de iPod. Voyez-le comme un Kindle qui possède des fonctionnalités de jeux et de musique. Apple a su révolutionner l’industrie de la musique avec la plateforme de commerce qu’est le Itunes Store. Apple s’apprête à faire la même chose avec l’industrie de l’imprimé.

    La question qui reste est : L’IPad aura-t-il le même impact et le même succès que le iPod?

  4. février 23, 2010

    Bonjour Alexandre,

    D’abord, merci de participer ! Ton blogue est tout à fait intéressant de par son sujet central qui sort des sentiers battus (pour un blogueur comme moi qui est habitué de lire que des blogues sur le marketing). Laisse-moi quelques jours pour le visiter davantage. Aussi, je sympathise avec toi pour ton passage chez Labatt … j’ai aussi vécu les joies quotidiennes du marchandiseur de bière !

    Pour ce qui est de l’iPad, je remets en question, de mon côté, la cible visée par Apple ainsi que l’effet post-iPad donc ce fameux Paradigm Shift auquel Apple nous a habitué.

    Certes, je constate que tu fais partie d’un des segments. Ta connaissance et ta compréhension du produit est sans faille.

    Toutefois, je ne crois pas que chacun des segments comprend en majorité des consommateurs-étudiants à la maîtrise en commerce électronique. La communication entourant la mise en marché du iPad est donc moins susceptible d’atteindre  » l’average Joe  » qui s’est, il y a quelques temps, procuré un iPod.

    Dans un deuxième temps, je suis tout à fait en accord avec ta comparaison Kindle – iPad et je me range derrière ton explication des attributs produits de chacun. D’un autre côté, je voyage en transport en commun en moyenne 15 heures par semaine depuis quelques mois et j’ai aperçu 2 adeptes du Kindle.

    Tout ça n’est qu’une question de temps et d’éducation ?
    Peut-être.

    Apple et Amazon sont des précurseurs ?
    Sans doute.

    Globalement, dans le cas du iPad, je crois que la « numérisation » des habitudes traditionnelles, donc ce fameux Paradigm Shift sera plus progressif et moins naturel que les changement d’habitudes observés suite au lancement du iPod.

    Merci encore !

    Hugo

  5. mars 2, 2010

    Ha ben ! Jean-Philippe Macoul qui écrit ce billet! le même qui allait à St-Sac ? haha content de voir que vous prenez le Web 2.0 au sérieux avec votre blogue !

    Tu es pas mal au courant des développements entourant le iPad, mais il y a une question que je me demande comment le iPad peut-il canibaliser le iPhone alors que le iPad ne possède pas les capacité du iPhone en terme de téléphone? Oui il y a l’apps Skype avec ses abonnements vraiment pas chers qui peut être utilisé, comme c’Est actuellement le cas sur les iPod Touch. Mais ce n’est pas aussi flexible que le iPhone et son 3G.

    Mis à part ce point, je trouve aussi que la clientèle cible reste encore flou. Par contre, on pourrait considérer le fait que le iPad représente davantage un appareil de « entertainment ». Il Attire bien évidemment les Apple lovers et early Adopters mais aussi il est en mesure de viser les business man et business woman qui ne veulent pas se connecter à leur blackberry (téléphone intelligent le plus utiliser en Amérique du Nord, malgré la forte popularité du iPhone) et ni à leur laptop pour aller sur le Web le weekend, car ce sont des appareils qui se rattache trop à leur travail de la semaine. Le iPad leur permet donc d’être sur le Web, d’écouter de la musique, d’avoir accès à plein d’apps, de lire des livres … sans le contexte du travail. Une sorte de e-reader avec une « plus value » à la Apple.

    Un appareil qui restera au chalet pour les weekend ? Peut-être, mais je ne crois pas que ce sera une fausse révolution comme le MacBook Air l’a été. Je crois en fait que le Ipad est une action stratégique afin de , oui, renforcer la communauté Apple (plus de potentiel pour les créateurs d’apps) mais aussi l’agrandir en tentant d’intriguer les non-consommateurs de la pomme blanche. Ça c’est mon opinion haha!

    Lachez pas les gars, première fois que je visite votre site et ce n’est pas la dernière. Félicitation pour votre première place au Topo Cossette, le viral c’est pas évident !

    Phil Savard

  6. avril 7, 2010

    Bonjour,

    Article intéressant, mais effectivement l’iPhone est un téléphone, l’iPad plutôt un gros iPod Touch. Donc l’iPad n’est ni un téléphone (n’a pas cette fonction), ni vraiment un netbook (pas de clavier), ni un baladeur (trop gros).

    Alors aurait-il le derrière entre trois tabourets ? Et de là, saura-t-il trouver son public, et quel est le public cible ? Peut-être que ces réponses se trouvent dans la stratégie même de communication d’Apple. En jouant sur le « mac addictisme », car présenté comme une révolution unique (effet de nouveauté indispensable) et communicant des mois à l’avance (pour titiller l’impatience), cet iPad semble cibler surtout les fans.

    D’ailleurs je trouve le terme « révolutionnaire » employé par Steve Jobs pour présenter son nouveau joujou un peu « fort », voire fallacieux.
    (« iPad, c’est notre technologie la plus avancée dans un appareil magique et révolutionnaire, à un prix incroyable », a déclaré Steve Jobs, CEO d’Apple. « iPad crée et définit une toute nouvelle catégorie d’appareils qui vont permettre aux utilisateurs d’interagir avec leurs applications et contenus d’une façon bien plus personnelle, intuitive et amusante que jamais. » http://www.apple.com/fr/pr/library/2010/01/27ipad.html)

    Qu’est-ce que c’est au fond, l’iPad ? Une tablette multimédia. Il en existe depuis des lustres. Les plus polyvalentes et abouties jusqu’à récemment, me semblent être les tablettes d’Archos. Qu’est-ce que l’iPad fait de plus, pour le qualifier de « révolution » ? Pas grand chose il me semble (mais je n’ai malheureusement pas comparé toutes les fonctions entre ces deux marques). En agissant ainsi, Steve Jobs ne s’adresserait-il qu’aux fans à oeillères ? (Les autres fans se rendront compte de la « supercherie »…)

    Cependant, bien sûr, les écrans tactiles d’Apple ont une réactivité incroyable par rapport à la concurrence, les interfaces sont toujours exemplaires, et la qualité au rendez-vous.
    Donc est-ce une simple amélioration d’appareils déjà existants, ou est-ce l’ajout de l’AppleStore qui change tout, ou alors ai-je loupé quelque chose ? Si Apple nous sortait une voiture hybride meilleure qu’une Prius de Toyota (sans problèmes de pédales :-P), avec l’AppleStore intégré au tableau de bord, serait-ce une voiture « révolutionnaire » ?

    Je crois que la seule révolution est qu’Apple s’attaque à ce format de « tablettes multimedia ». Bref, une révolution dans un bocal, le bocal Apple rempli de die-hard fans… Ainsi, Apple serait-il encore plus arrogant que ma conclusion ? :-P

  7. avril 8, 2010

    Bonjour Steve,

    D’abord, je dois dire que tu soulèves un nombre impressionnant de questionnements face au produit !

    Comme tous les marketeurs doivent faire, tu as énoncé beaucoup de « Oui notre produit dispose tel attribut, mais… ».

    Intéressant quand tu avances le point qu’Apple a sans doute bâti sa stratégie de mise en marché justement au tour des « Apple Die Hard Fans ». C’est possible. La bonne vieille tactique de se servir des évangélisateurs pour répandre la bonne nouvelle.

    Cependant, je ne crois pas que les propos de Steve Jobs soient mensongers quand il parle de révolution, en fait je crois plutôt que cela s’inscrit dans la stratégie de lancement, comme pour tous les autres « happening » de lancement orchestrés par Apple.

    Bref, notre point de vue s’avère plus ou moins gagnant si l’on se fie à la vente éclaire des 300 000 premiers iPad. L’action d’Apple a même connu un sommet historique.

    La clé dans l’affaire réside dans le temps, laissons le passer pour ensuite analyser à nouveau la situation !

    Merci de participer,

    Hugo Fournier

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