Les "Natives" : immigrants technologiques de demain?

9 mars 2010

Connaissez-vous Marc Prensky? Le célèbre auteur américain a écrit plusieurs billets sur un le sujet de la fracture technologique qui sépare les personnes nées avec les nouvelles technologies de l’information et des communications (NTIC) et celles nées avant. Il nomme « native » ceux étant nés avec les NTIC et immigrants ceux étant nés avant. Il affirme que les immigrants peuvent utiliser les NTIC, mais auront toujours un accent, par exemple, imprimer ses courriels.

Toutefois, avec l’incroyable poussée technologique que nous vivons les « natives  » d’aujourd’hui deviendront les immigrants de demain. Cette fracture devrait se faire bientôt et, selon moi, séparer les gens de moins de 25 ans et les autres. La cause de cette nouvelle rupture est l’arrivée soudaine des médias sociaux et du web 2.0. Les gens avant 25 ans ont assimilé assez tôt dans leur vie ces technologies pour qu’ils deviennent un moyen logique de communication et pour les autres ces nouvelles technologies sont plutôt un gadget qu’on ne sait trop comment utiliser. Évidemment, la coupure n’est pas aussi nette que je le dis, elle est plutôt graduelle. Les gens de moins de 20 ans sont les véritables « natives 2.0″, les 20 à 30 sont parfois des « natives 2.0″ tandis qu’il est assez rare que les gens de plus de 30 ans soient de ce type.

Pensons par exemple à Facebook, moi-même un « native », j’y ai un accent : j’ai beaucoup de difficulté à envoyer un message par ce canal, préférant de loin le courriel. Toujours au sujet de Facebook, lors d’une de réunion chez Cossette une dame nous a mentionné qu’il n’était pas toujours évident de faire le lien entre Facebook et les blogues, pourtant il n’y pas plus simple et le « native 2.0″ le sait très bien (nous utilisons nous-mêmes Facebook abondamment pour promouvoir ce blogue). D’autres exemples? Le « native » conventionnel utilisera lesPAC.com se trouver un appartement, le « native 2.0″ inondera les médias sociaux de sa demande. On peut penser aussi à Internet en général. Si les nouveaux immigrants (les non « natives 2.0″) voient dans ce canal un moyen d’obtenir de l’information très puissant, les « natives 2.0″ voient une façon de communiquer très puissante.

En fait, pour faire une analogie tout en image, on peut dire que l’Internet des années 1990 et début 2000 était un immense babillard du moyen-âge. Les gens possédant la connaissance (ici de l’Internet) pouvaient produire de l’information et l’afficher. Les autres pouvaient la lire et quelques fois parler directement à la personne qui produisait l’information. Les gens comprenant ce système sont les « natives » de Prensky, on pourrait les comparer à ceux qui savaient lire au moyen-âge. Le web 2.0 est venu chambouler ce monde. Pour poursuivre avec l’analogie, oui le grand babillard existe encore, mais maintenant tout le monde, enfin les « natives 2.0″, possède leur propre babillard, et ces derniers ne consultent plus nécessairement le grand babillard, ils consultent les autres babillards personnels. On peut donc comprendre que les entreprises qui elles communiquaient avec le grand babillard sont prises aux dépourvues. Comment peuvent-elles rejoindre les « natives 2.0″ si elles ne comprennent pas l’utilisation de ces babillards personnels?

La nouvelle fracture est pour l’instant assez difficile à percevoir bien que présente, ce n’est que lorsque ces « natives 2.0″ envahiront le marché du travail que nous comprendrons l’ampleur de ce phénomène.

GM

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