Les médias sociaux : une peur corporative

24 mars 2010

Expérience vécue :

Cadre :

-       « N’importe qui du bureau pourra modifier notre profil sur Linked In ? »

 Hugo :

-       « Oui, en effet, en autant que cette personne dispose d’un courriel de l’entreprise pour prouver son statut d’employé. »

 Cadre :

-       « C’est un peu épeurant, pouvons-nous se retirer de Linked In ? »

____________________________________________________________________

Les médias sociaux et leur principale caractéristique d’être autogérés par les utilisateurs génèrent une révolution sociale chez les individus comme vous et moi. Plusieurs d’entres nous sommes emballés par cette nouvelle façon de s’organiser et de communiquer.

Pourant, les mêmes individus, dans un contexte décisionnel corporatif et/ou commercial, n’entendent pas à rire concernant la présence de leur entreprise sur des réseaux sociaux comme Linked In ou Facebook.

Mais pourquoi ces inquiétudes quant à cette culture de contenu autogéré ?

Par réflexe, j’évoque rapidement le sentiment de non-confiance envers les autres employés de l’entreprise et la peur de décentraliser le contrôle de ses outils. Après tout, c’est comme si cette vitrine de l’organisation sur leurs publics (et de plus en plus de monde regarde la vitrine) pouvait être gérée par n’importe qui à l’interne. C’est ici que se pose le nouvel enjeu de relations publiques vécu par plusieurs petites, moyennes et grandes corporations.

Si vous préférez (exemple exagéré), c’est comme si tous les employés de chez Yoplait pouvait à leur tour décider du message publicitaire diffusé devant les 1, 9 millions de spectateurs pendant Tout le monde en parle (processus sans doute à envisager par l’annonceur).

L’enjeu RP de « mettre l’image et les relations de l’entreprise entre les mains de tous » est effectivement apparent. Toutefois, tout ça va plus loin. Il faut gérer à l’interne. Il faut plus que jamais établir une politique rigide des médias sociaux pour savoir qui dit quoi et qui fait quoi.

Et surtout, il faut être ni apeuré, ni inquiété par des outils à la fois capables de gérer les crises d’une organisation X et du même coup susceptibles de vendre les produits/services de cette entreprise.

Révolutionnaire non ?

 Hugo

 

 L’image représente l’utilisation exemplaire des médias sociaux par Dell

  1. mars 24, 2010

    C’est surtout un clash de culture.

    Les réseaux sociaux (numérique ou non) sont axés sur la franchise, la relation, l’anecdote…

    Les entreprises, au contraire, cultivent l’efficacité, la rentabilité, l’ordre…

    Il y a effectivement une peur à apprivoiser. Mais la culture d’entreprise doit pouvoir trouver le ton de la conversation….

    Tous les employés de Yoplait ne décident pas du message à passer à TLMEP, mais tout leur réseau est au courant de qu’ils vivent, pensent et exprime à propos de leur lieu de travail. Ça joue aussi.

    Une politique rigide de médias sociaux ne devrait s’adresser qu’aux porte-paroles officiels (ou qui ont ce mandat dans leur description de tâche) –c’est le rôle des RP…

    Mais la meilleure politique des réseaux sociaux pour tous les autres est de donner de bonnes conditions de travail…

  2. mars 25, 2010

    Bonjour Monsieur Lessard,

    D’abord merci de participer, bien que mes connaissances en gestion des ressources humaines soient limitées pour l’instant, j’abonde dans le sens de votre ouverture.

    De là mon interrogation, est-ce qu’une culture d’entreprise dite « ouverte à la conversation » est incohérente si la direction décide de bloquer l’accès aux différents réseaux sociaux ?

    On donne l’accès aux gens des RP et du marketing seulement ?

    Hugo

  3. mars 26, 2010

    On donne bien le téléphone à tout le monde, non? C’est un outil de réseautage social, aussi. Pourquoi bloquer les outils de réseautage social aux autres employés.

    Même si je comprends très bien le sens de la question –les travailleurs axés sur l’information (marketing, RH) doivent absolument avoir accès à tous les outils qui augmentent leurs capacités-, je me demande pourquoi les autres ne peuvent pas aussi augmenter leur quotient social pour aider la compagnie? C’est une question ouverte.

    Mais je sens que c’est directement relié à la culture d’entreprise qui considère que le contrôle rapporte plus que la liberté (et je ne peux pas leur donner tort de penser cela a priori). Mais avec l’informatisation de plus en plus de tâche, c’est le cerveau humain qui fait la valeur…

  4. mars 30, 2010

    Comparer les médias sociaux au téléphone, très très intéressant.

    Cet esprit de « partage communautaire » amené par l’avènement des médias sociaux changera sans doute la culture désuète des entreprises dites « fermées ».

    S’ouvrir sur le monde et partager des connaissances deviendra de plus en plus payant pour une corporation.

    Merci encore !

    Hugo Fournier

  5. avril 5, 2010

    Les médias sociaux sont des révélateurs de vérités, un bon exemple est la fan page de Nestlé (ce n’est pas beau à voir). Un entreprise imparfaite et qui prétend être parfait va se faire détruire su les médias sociaux, elle est donc mieux de bien contrôler ses informations. Une entreprise exemplaire n’aura rien à cacher, elle est donc mieux d’ouvrir les vannes comme Martin le propose. Je crois que c’est un décision propre à chaque entreprise et qu’il n’y as pas d’absolu

Laissez une réponse

Note: You can use basic XHTML in your comments. Your email address will never be published.

Subscribe to this comment feed via RSS

Rss Feed Tweeter button Facebook button Linkedin button Delicious button