BriseGlace: un projet inutile ?

13 avril 2010
par BG

Voici une réflexion très intéressante de Clay Shirky au sujet de l’industrie de l’édition qui, comme plusieurs autres, est chamboulée par l’avènement de l’utilisateur devenu créateur de contenu.

« It makes increasingly less sens to talk about a publishing industry, because the core problem publishing solves – the incredible difficulty, complexity and expense of making something good available to the public – has stopped being a problem. »

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J’ai rapidement effectué un parrallèle avec l’industrie des communications et du marketing. Pour reprendre l’idée de Clay Shirky, il est extrêmement coûteux et complexe, par exemple, de produire un message publicitaire télé de 30 secondes.

N’est-il donc pas fascinant de constater qu’une équipe de 3 ou 4 freelancers de la publicité peuvent aussi, en 2010, mettre sur pied une campagne publicitaire de haut niveau et au dizième des coûts exorbitants qu’aurait engendré l’embauche d’une grande agence ?

Au risque de remettre en doute notre propre projet d’agence de communication marketing, ce type d’organisation est-il appellé à se démanteler sous forme de petites unités de freelancers indépendants ? Faillite à appréhender pour tous les grands groupes mondiaux d’agences de publicité come TBWA et Publicis ?

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Hugo

  1. avril 13, 2010

    C’est peut-être un retour vers le temps des artisans ou chacun avait sa spécialité et l’exploitait de son côté. Cette ère a été laissée derrière lors de l’avènement de la révolution industrielle où les métiers d’artisans furent éliminés pour faire place aux usines et à la production de masse.

    Pas que je compare les grandes agences aux usines de productions de masses, mais plutôt à des machines surpuissantes qui comptent peut-être sur leur succès passé pour faire assurer leur succès futur. Peut-être qu’à l’intérieur des agences les même idées sont souvent brassées pour simplement remodeler les mêmes pensées créatives alors que les freelancers vivent dans la fraîcheur des tendances et dans la pulsion créative… peut-être.

    Notez la surutilisation du peut-être, pas question que je me mettre les agences à dos.

    BriseGlace, agence embryonnaire faisant justement affaire avec des freelancers, est selon moi la formule idéale. Un noyau administratif et marketing solide qui permet de mettre sur pied des campagnes de béton qui fait affaire avec des indépendants chez qui naissent les idées créatives les plus folles et nouvelles.

  2. Frédéric permalink
    avril 13, 2010

    M. Shirky semble oublier un élément très important en ce qui concerne l’industrie de l’édition. On dirait qu’il considère que le simple fait de rendre un bon produit disponible (par Internet) suffit à en faire le succès. Je crois qu’il se trompe.

    Oui, Internet peut être un excellent outil pour diffuser et promouvoir un produit. Mais encore faut-il avoir les compétences pour le promouvoir, pour en faire parler de la bonne façon et pour viser les personnes que ce produit est susceptible d’intéressé. N’importe qui peut publier un livre entier par l’intermédiaire du Web, mais est-ce qu’il sera pour autant lu? Ce défi est d’autant plus important si on considère le contexte de surinformation dans lequel baigne les internautes.

    L’industrie de l’édition ne joue pas uniquement le rôle d’un intermédiaire passif entre le créateur et le public. L’éditeur choisit le bon public à rejoindre, en parle de la bonne manière et utilise judicieusement les outils des nouvelles technologies. Malgré certaines limites, ce mêmes arguments peuvent être mobilisés pour défendre le rôle crucial que jouent les experts en communication. Ce n’est pas n’importe quel quidam qui saurait comment s’y prendre de la bonne manière.

    J’ai vu l’autre jour sur Internet une manière selon laquelle on peut castrer un chat à la maison, avec élastiques et couteaux de cuisine : j’ai quand même remis mon chat entre les mains d’un vétérinaire pour qu’il lui administre cette délicate opération.

  3. Alix permalink
    avril 13, 2010

    Salut Hugo,

    Les petites unités de freelancers indépendants, comme tu dis, pourrait-ils vraiment mettre du pain et du beurre sur leur table en effectuant toujours des mandats à si faible coût? BriseGlace emploient actuellement des étudiants et des stagiaires, ou des jeunes créatifs ayant d’autres revenus.

    Si BriseGlace continuait toute sa vie à vendre « au 1/10 du prix », je ne pense pas que ses employés pourraient se juger bien payés par rapport à l’effort et au temps qu’ils investissent dans une campagne. Ces petites unités peuvent fonctionner un temps certes, mais si elles aspirent à de gros mandats ou à faire affaires avec des gros clients, ils seront à mon avis toujours vouées à grandir et à charger autant que les agences professionnelles, ou à disparaître par manque d’argent, simplement.

    De toute façon, je pense qu’il y aura toujours des compagnies prêts à payer le gros prix pour avoir LA grosse agence en vogue, pour avoir les meilleurs des meilleurs, les plus reconnus. Les compagnies prêtes à payer pour être rassurer que, en partant, leur campagne sera un succès. C’est peut-être un peu pour ça qu’ils payent cher. Pour la tranquillité d’esprit.

  4. avril 13, 2010

    @ Jean-Louis

    Ton retour en arrière est intéressant. Je pense qu’on voit le même principe de plus en plus en alimentation. Des gens, pour leurs emplettes, recommencent à aller chez le boucher, chez le boulanger, chez le pâtisser, etc.

    Le boulanger par exemple, il possède un certain recul par rapport à son art, il n’est pas appelé à produire le même pain Gadoua depuis 15 ans. C’est peut-être ce recul qui aide à la créativité, celui que dispose les freelancers.

    Effectivement, dans une agence, j’imagine qu’on crée et qu’on réinvente donc l’environnement doit y être propice. Être trop « Corporate » n’est pas du tout une bonne affaire. La preuve, l’entreprise publique qu’était Cossette, qui devait rendre des comptes aux actionnaires, a peut-être réalisé que l’appel public à l’épargne n’était pas nécessairement un moteur de créativité.

    En gros je pense que n’importe quelle entreprise dans une réalité de PME doit constamment se remettre en question, se réinventer sans cesse. Chacun ses méthodes pour ça (Disruption chez TBWA, Sid Lee Collective chez Sid Lee, etc).

    BriseGlace décide pour le moment de faire appel à des talents étudiants indépendants pour assurer un produit fini qui se démarque, on verra pour la suite!

    Hugo

  5. avril 14, 2010

    @ Frédéric

    J’abonde dans le sens de votre opinion. En lien avec cette idée de l’utilisateur créateur de contenu, une citation intéressante a été énoncée par Gary Vaynerchuk: « Content is king, marketing is queen ». Donc l’idée que oui, en tant qu’utilisateur, je peux très bien publier demain matin une encyclopédie sur la pêche à la mouche, mais si personne n’a jamais entendu parlé de mon site ou de mon blog et si je n’ai aucune ressource pour faire connaître mon ouvrage, ce dernier restera inconnu à jamais.

    Bien que je ne connaisse pas grand chose à l’édition, il est évident que ces entreprises seront encore efficaces pour faire connaître un produit. Je pense que Shirky voulait simplement démontrer le point qu’auparavant, il fallait passer par imprimeur, éditeur, correcteur, etc, alors qu’aujourd’hui, la numérisation vient bouleverser le procédé habituel sans pour autant l’éteindre complètement.

    Hugo

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