De frustrantes oeillères

1 juillet 2010

Dernièrement, j’ai lu un billet d’un gars passablement fâché. Ce qui se déroule autour de lui ne lui plait pas. C’est en fait Mitch Joel, l’auteur de Six Pixels of Separation. Un de ces professionnels du type challenger (si Mitch était une marque) qui remet en question pas mal tout ce qui tourne autour des médias traditionnels. Il constate, un peu comme nous tous (gens de communication et de marketing), que les médias traditionnels s’affaiblissent. Pour analyser la situation, il ne fait pas de détour et émet ce constat:

« New media don’t kill old media, because there’s no point in killing something that is committing suicide. »

J’ai parlé que les médias de masse traditionnels se mouraient, lui pense qu’ils sont en train de suicider. Bon j’avoue c’est fort. Mitch veut dire que l’innovation dans les médias doit se faire dans le média lui-même, et non par l’entremise de son canal. Donc les canaux (autant nouveaux soient-ils), comme Youtube ou Flickr, ne sont que des extensions de ce shift. Autrement dit, ce n’est pas l’emballage du Jos Louis qui faut changer, mais bien le processus global de fabrication du gâteau (de la recette à la distribution en magasins).

Le monde de l’édition se ferme les yeux

Il déplore grandement l’attitude des gens de l’industrie du magazine. Ayant lui-même participé à une discussion avec ces gens, il a été déçu de constater qu’aucune personne ne se questionne face à la mobilité, au e-books, au iPhone et iPad, et finalement, face au reste des innovations qu’on voit défiler tous les jours. Comment le magazine peut tirer son profit de Twitter et de Facebook ? Selon Mitch Joel, ces professionnels de l’industrie, pour l’instant confortables, ferment les yeux sur l’apport des médias sociaux.

Mon idée là-dessus : éduquer, éduquer, éduquer.

Je suis du bord à Mitch. Quoi de plus frustrant qu’une personne qui se cache les yeux devant une réalité bien évidente, surtout celle qui veut que l’industrie de l’édition, qu’on le veuille ou non, se résumera de moins en moins à une couverture carton et des pages en papier. Ça devient d’autant plus frustrant de constater que des professionnels reconnus croient que le blogue, Twitter et Facebook ne sont pas sérieux. Ne pas considérer ces derniers représente une erreur stratégique, surtout dans une industrie bouleversée comme l’édition. Le changement est naturellement difficile à accepter. La différence là-dedans: l’éducation. Au cours de mon dernier stage en marketing, je fus confronté à un environnement plus que conservateur: le droit. Et par l’entremise d’une conférence, de discussions et de petits débats, j’ai introduit LinkedIn à des avocats sans trop de heurt.

Mise en garde

La pire erreur serait d’introduire ces groupes méfiants en prônant la science infuse. Malheureusement, j’ai l’impression que Mitch Joel, d’après son ton et son style de rédaction, critique rudement les pauvres éditeurs. Il affirme avoir même quitté la conversation qu’il entretenait avec ces gens!

Hugo

Les médias traditionnels se suicident

  1. juillet 1, 2010

    Au sujet du fait que Mitch ait arrêté de converser avec les gens du domaines: il est vrai que c’est difficile d’observer cela pour quelqu’un qui prend pour acquis les bienfaits en entreprise de ces nouveaux canaux. C’est un des plus grands obstacles auxquels nous seront confrontés à notre entrée sur le marché du travail.

    Les décideurs dans les entreprises en question sont bien souvent d’une autre génération et c’est encore plus difficile de leur vendre cette idée qu’ils doivent se réinventer. Ils ont tellement peu d’effectif et de connaissances en la matière qu’ils ne savent bien souvent même pas par où débuter.

    De plus, on est porté à croire que la transition sera plus facile lorsque l’entreprise en question est de grande taille étant donné qu’ils ont plus de ressources(budget, personnel, technologie) alors qu’en fait ça rend le processus encore plus laborieux et coûteux.

    C’estt un billet très intéressant.

  2. Hugo permalink*
    juillet 3, 2010

    Pareillement, excellent commentaire. Bienvenue sur le blogue !

    Moi-même, ex-stagiaire au marketing dans un cabinet d’avocats montréalais, j’ai vécu des situations où les gestionnaires voyaient mes propositions (la plupart liées au Web 2.0) comme beaucoup trop avant-gardistes. Ce qui m’a fait réalisé que leur mise en oeuvre dépend certes de la grosseur de l’organisation, mais surtout de l’environnement de l’entreprise. En l’occurrence, le milieu juridique est très conservateur.

    Ceci dit, en tant que jeune professionnel fraîchement arrivé sur le marché du travail (en PME ou en multinationale), il va falloir doser le contenu techno nos propositions, pour la simple et bonne raison de ne pas proposer un outil de Social CRM à un fabricant de transmissions pour motoneige (un exemple).

    Merci de nous lire !

    Hugo

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