Au mieux, on propose du vent à valeur ajoutée
Dans un avenir rapproché, des amis et des connaissances à moi deviendront ingénieurs, médecins, arpenteurs-géomètres, comptables agréés (à vous de nommer d’autres professions réelles).
De mon côté (et c’est sans doute le cas de mes amis dans BriseGlace), j’ai pas l’impression que ma future profession est connectée au monde réel. Je ne dis pas ici que mon futur statut de marketer est complètement inutile dans l’environnement actuel où les citoyens normaux évoluent. Au contraire, sans marketer, les plus grandes causes recevraient moins d’argent et les gens auraient probablement moins tendance à boucler leur ceinture en voiture.
C’est simplement que j’arrive pas à définir de façon tangible les aspects pratiques du métier.
- Un médecin va réparer une jambe
- Un comptable va équilibrer passif et actif
- Un ingénieur va construire un pont d’après un plan des plus précis
- Un fiscaliste regarde les textes de loi et vous fait sauver de l’argent
VERSUS
- Un relationniste va gérer l’image d’une personnalité ?
- Un marketer prévoit augmenter les ventes d’à peu près 5 % par année ?
- Un publicitaire veut accroître le capital de sympathie dans un segment donné de consommateurs ?
- Un gestionnaire de communauté engage la conversation ?
« Tu fais quoi déjà » -Un oncle
La question classique revient sans cesse autour du 4 litres d’Auberge pendant les fêtes.
- « Ben j’étudie en communication marketing »
- « Tu vas faire quoi avec ça? »
- « Heumm, vendre, heumm, promouvoir, heumm, énoncer des axes de positionnement, heumm… »
Pas facile d’être un pro du marketing
Je crois que le fait qu’on ne dispose d’aucune balise pratique qui délimite la profession rend celle-ci vraiment plus ardue à exercer. Il faut être futé pour réussir.
Il existe probablement des mauvais ingénieurs et des mauvais comptables puisqu’ils sont moins à l’aise, par exemple, avec certaines notions fondamentales à leur pratique quotidienne.
Comment qualifier un marketer de médiocre ou d’excellent ?
D’après divers types de résultats (ventes, notoriété, etc.) ? OK je suis d’accord, mais des milliers de facteurs externes viennent influencer ces dits résultats tandis que du côté d’un fiscaliste, en oubliant une virgule de la loi écrite noir sur blanc, ce dernier risque de faire perdre de l’argent à son client.
Évidemment, je ne m’éloigne pas de la passion, ni de la fougue. Je me dis juste qu’à l’aube d’obtenir mon attestation de bachelier, je nage encore en eau trouble, je dirais même un genre de marécage complexe.
Hugo



« Je lis dans les yeux de mes interlocuteurs une ombre de déception quand je révèle ma profession » – Jean-Marie Dru, président de TBWA, dans son livre La publicité autrement.
mais quelques phrases plus loin :
« Dès que j’ajoute que mon agence est responsable des campagnes de Apple, Adidas et PlayStation, le ton change. [...] D’un seul coup, j’appartiens à un monde enchanteur, où se bousculent des images puissantes et colorées, souvent inattendues, au son de musiques connues ou appelées à le devenir dans la semaine. »
Il décrit ensuite pourquoi les agences sont cruciales pour les entreprises. Ça donne un bris d’espoir pour notre génération d’étudiants en communication marketing je trouve. (page 86-87 si vous avez le livre en votre possession)
J’aime :
« Seules les agences savent faire remonter à la surface le sens d’une marque et faire ressentir au public ce qu’elle a de plus profond. »
Couldn’t agree more! Mot pour mot ce que j’en pense également.
Et si c’était à refaire? Tu prendrais une autre direction?
Je partage ton désarroi… Imagine ce que ça donne comme réaction quand tu dis que tu veux travailler en commerce électronique.
« Heu tu vas faire quoi? »
« Ben, mettre des bons mots-clés, travailler sur du référencement organique, entretenir ma communauté virtuelle… »
« Ok oui mais comme job là, comment tu vas faire de l’argent? »
« … »
Mais bon en même temps, si tout le monde connaissait vraiment le domaine du marketing, les marketeux n’auraient plus aucune utilité alors on n’a pas vraiment à se plaindre.
@Jean-Raph : Difficile à dire. C’est évident que la sécurité d’emploi semble plus accessible avec une véritable profession. Encore là, même si j’avais choisi le droit ou la comptabilité (TRÈS hypothétique), il aurait fallu que je démontre un certain talent et surtout de la passion pour aspirer au succès. Ces gens là ont des ordres et des organismes qui leur permettent un encadrement et une certaine sécurité. C’est d’ailleurs une faiblesse du marketer, l’encadrement est nul.
La créativité demeure la clé je pense, que ça vienne du comptable ou du créatif publicitaire.
Je suis pas mal du même avis que Stéphane. On parle ici de marketing, mais c’est le cas pour les communications en général.
Je travaille présentement avec des médecins pour divers projets en santé et, selon leurs réactions aux idées suggérées par mon équipe et moi dans le cadre de plans de communication, j’ai l’impression que les communications ne sont pas prises au sérieux, qu’elles ne sont pas vues comme une expertise. Selon un médecin dont je tairai le nom, il laisse comprendre que LUI, comme nous, connaît LES bons moyens de communiquer les messages. C’est frustrant de devoir nous battre pour être écoutés. Peut-être est-ce que je généralise, mais c’est ce qui se produit actuellement dans les projets sur lesquels je travaille.
Vu cette frustration que je vis (ça fait du bien de me libérer!), je préfère expliquer à tous les membres de ma famille élargie, un par un, aussi nombreux soient-ils, ce que je « fais » en communication. Et ensuite, qu’on me prenne au sérieux.
@Joanie: J’ai fait un stage de 4 mois avec des avocats et j’ai été confronté à des problématiques semblables. Je suis ressorti satisfait parce que j’ai employé la carte de l’éducation: faire des présentations et expliquer clairement le pourquoi de la chose.
Je trouve le commentaire de Hugo très représentatif de ce que je ressentais lors de mon baccalauréat en communication publique. L’insécurité du marché de l’emploi était préoccupant et aussi le fait d’avoir tellement de possibilités et d’être formée pour faire une foule de chose et rien en particulier était une source de stress pour moi.
En tout cas, aujourd’hui j’ai une bonne job (je suis chargée de communication pour une Faculté de médecine) et si c’était à refaire, j’ai de la difficulté à m’imaginer en quoi…
comment toucher à tant de choses et être aussi créatif en étant… infirmières, ingénieur ou autre?
En fait la seule inquiétude qui subsiste c’est comment expliquer ma job!! Ou en quoi j’ai étudié ou j’étudie (je fais une maîtrise en communication à temps partiel). J’ai l’impression que c’est tellement abstrait… alors là, quand je dis que ma job est à l’Université eh bien, c’est la surprise…
Pour ce qui est de la crédibilité, pour travailler avec des médecins et d’autres professionnels, je pense que le problème c’est que tout le monde s’improvise un Expert en communication. Patience, nous sommes de plus en plus des personnes ressources qui sont écoutées au fil des années! Mes 5 années sur le marché du travail me l’ont montrées.
Merci pour ton commentaire, content de voir qu’il y a de l’espoir!