Vision stratégique : ennemie du quotidien

24 octobre 2011

Le mot « stratégique » est certainement le mot le plus utilisé lors d’un bac. en marketing. Plan marketing stratégique, pensée stratégique, objectifs stratégiques, pauses cafés au Van Houtte stratégiques, etc stratégique. Lorsque l’on est sur un banc d’école, on ne se rend pas compte de l’incroyable chance que l’on a de pouvoir penser « stratégiquement ». On traverse ces années en espérant les années où l’on pourra vivre la vraie vie et faire les vraies choses. Mais une fois rendu à cette vraie vie, on se rend compte que les jours où l’on pouvait penser stratégiquement en sirotant un petit café, comme à l’école, sont bien révolus.

Lorsque l’on rejoint une entreprise, on se rend compte que l’on est comme un skieur sur une pente glacée: on ne peut pas se permettre de tout arrêter pour faire le point ou changer brusquement de trajectoire, on doit plutôt se concentrer sur les obstacles potentiels et simplement ne pas tomber. Il est donc rarement question de vraies stratégies, on navigue davantage dans la tactique. Qui plus est, en tant que professionnel du marketing qui occupe un poste d’entrée, c’est assez ardu de laisser de côté la fameuse To-Do List et réfléchir à la vision stratégique de l’entreprise. Si l’on demande à des étudiants s’il l’on doit être pro-actif ou réactionnaire en marketing, tous vous diront « Pro-actif ! », car il semble si simple de prendre les devants alors que c’est plutôt un défi constant.

Pour réussir à penser stratégie, il faut des efforts, beaucoup d’efforts et je lève mon chapeau à toutes les compagnies qui acceptent de faire ces efforts, car ils se traduisent souvent en sacrifice de temps et d’argent. Je salue ces cultures d’entreprise qui intègrent ce volet de la vision et disent à leurs employés quelque chose comme : « Hey, délaissons notre quotidien un instant et prenons le temps de voir où nous en sommes et comment pourrions-nous améliorer notre position« .

En ce monde de profit à court terme, je salue donc le génie de M. Jobs, car il s’agît bien de génie. Il a su s’extirper du quotidien pour penser plus grand, plus loin. Nos professeurs étaient toujours peu hésitants à nous présenter Apple comme modèle, car je suis certain qu’ils savaient que ce genre de génie ne s’apprend pas vraiment.  En plus d’être assez inné, ce pouvoir de la vision demande des conditions favorables (culture d’entreprise, situation X de la vie d’un entrepreneur, etc.) pour être optimal.

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